Economie, marchés financiers : les faits marquants de 2016

Tristan Perrier est Stratégiste chez Amundi, société de gestion de LCL. Nous lui avons demandé de retracer les faits marquants de l’année 2016 sur l’économie et les marchés financiers.

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LCL : Globalement, que retenez-vous de l’année 2016 ?

 

Tristan Perrier « L’année 2016 a surtout été marquée par les résultats inattendus du référendum britannique de juin sur le Brexit et de l’élection présidentielle américaine de novembre. L’économie elle-même, en revanche, n’a pas réservé de surprises majeures puisque les reprises ont continué de part et d’autre de l’Atlantique. Les rendements obligataires ont d’abord baissé avant de rebondir. Quant aux marchés d’actions, ils ont terminé l’année en hausse ».

 

LCL : Plus précisément, aux Etats-Unis, que s’est-il passé en 2016 ?

 

Tristan Perrier : « L’économie américaine a connu un 1er semestre décevant en raison des difficultés pénalisant l’industrie (dollar fort, ralentissement des pays émergents, effets de la baisse du cours du pétrole sur le secteur de l’énergie) mais elle a ensuite rebondi à partir de l’été. La victoire inattendue de Donald Trump à l’élection présidentielle, début novembre, s’est faite sur un programme prévoyant de fortes baisses d’impôts, de nouvelles dépenses et une révision des relations commerciales des Etats-Unis avec le reste du monde. Cette élection a ouvert un nouveau chapitre d’incertitudes ».

  

LCL : Concernant l’Europe, quel bilan pour 2016 ?

  

Tristan Perrier : « La reprise en Europe a continué, quoique à une allure moyenne plus faible que celle des cycles économiques précédents. Les divergences entre pays sont restées importantes : fort rebond en Espagne, croissance soutenue en Allemagne mais toujours décevante en France, faiblesse prolongée en Italie. En juin, le vote des Britanniques en faveur d’une sortie de leur pays de l’Union Européenne a suscité de nombreuses interrogations, mais sans effets immédiats majeurs sur l’économie continentale. Cependant, la montée du sentiment eurosceptique a continué de représenter un important défi pour les institutions européennes ».

  

LCL : Concernant les pays émergents, quels sont les faits marquants en 2016 ?

 

Tristan Perrier : « L’année a été très irrégulière pour les économies émergentes. Le 1er trimestre a été difficile, surtout en raison du ralentissement de l’économie chinoise et des conséquences de la baisse du cours du pétrole sur les pays producteurs. Certains pays (notamment le Brésil et l’Afrique du Sud) ont également connu des soubresauts politiques. La situation s’est ensuite améliorée, portée par des chiffres chinois rassurants et le rebond du cours du baril. En fin d’année, l’incertitude liée à la future politique commerciale des Etats-Unis a toutefois mis les devises des pays émergents sous pression ».

  

LCL : Et du côté des marchés, que dire de l’année 2016 ?

 

Tristan Perrier : « Les grands marchés d’actions ont progressé en 2016 quoiqu’à des degrés très divers. Les trous d’air liés aux inquiétudes concernant les pays émergents, en début d’année, puis au Brexit, en juin, ont été surmontés. En fin d’année, l’élection de Donald Trump a été bien accueillie. Les grands indices américains, ainsi que les marchés des pays émergents, ont réalisé au final des progressions significatives. En zone euro, les actions, après avoir passé l’essentiel de l’année en territoire négatif, ont finalement terminé en légère hausse ».

 

 

LCL : Que peut-on dire des marchés obligataires en 2016 ?

 

Tristan Perrier : « Les marchés obligataires ont connu deux phases très distinctes en  2016. Au cours des trois premiers trimestres, les rendements ont nettement baissé, notamment en raison du statu quo de la Réserve fédérale américaine (FED) et de la politique monétaire  favorable de la Banque Centrale Européenne  (BCE) et de la Banque du Japon. Cependant, la fin de l’année a été marquée par une nette remontée, en raison d’abord du rebond de l’inflation (tirée par les effets de base des variations du cours du pétrole) puis, surtout, du résultat de l’élection américaine ».

 

 

Interview réalisée le 5 janvier 2017

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