Economie, marchés financiers : les faits marquants de 2017

Tristan Perrier est Stratégiste chez Amundi, société de gestion de LCL. Nous lui avons demandé de retracer les faits marquants de l’année 2017 sur l’économie et les marchés financiers.

Tristan Perrier 400 x 400
Partager

LCL : Globalement, que retenez-vous de l’année 2017 ?

 

Tristan Perrier « L’année 2017 a été marquée avant tout par des chiffres économiques nettement meilleurs qu’attendus, montrant le déroulement d’un cycle de croissance bien synchronisé à l’échelle mondiale. Concernant les marchés, l’année 2017 a été plutôt positive pour les principaux indices d’actions tandis que les rendements obligataires des grands pays développés ont légèrement progressé  ».

 

LCL : Plus précisément, aux Etats-Unis, que s’est-il passé en 2017 ?

 

Tristan Perrier : « Aux Etats-Unis, on a assisté à une poursuite de la reprise malgré le bruit politique généré par une présidence « atypique ». Le cycle de reprise américain, remarquable par sa durée, a continué en 2017. Cependant, l’inflation a surpris pas sa modération. Ceci n’a pas empêché la Réserve fédérale (FED) d’augmenter à trois reprises ses taux directeurs en mars, juin et décembre. Du point de vue politique, l’actualité a été très chargée en déclarations provocatrices et rumeurs en raison du caractère atypique de la présidence Trump. En fin d’année, la difficile recherche de la majorité requise au Congrès pour voter un plan de baisse d’impôts a finalement abouti, permettant des allégements significatifs de fiscalité pour les entreprises et, dans une moindre mesure, pour les ménages ».

  

LCL : Concernant l’Europe, quel bilan pour 2017 ?

  

Tristan Perrier : « En zone euro, la croissance a été plus forte que prévu et on a constaté une diminution du risque politique. Les chiffres économiques de la zone euro n’ont cessé de surprendre à la hausse en 2017, mais, comme aux Etats-Unis, cette vigueur économique ne s’est pas transmise à l’inflation. Dans ce contexte, la Banque Centrale Européenne (BCE) a annoncé, en octobre, une extension de son plan d’achats d’actifs au moins jusqu’en septembre 2018, assortie d’une diminution du volume des achats mensuels (effective à partir de janvier 2018). Le risque politique, pour sa part, a nettement diminué à partir du printemps, après les élections aux Pays-Bas et, surtout, en France, qui ont vu un recul des forces protestataires, considérées comme une menace majeure en début d’année pour les institutions européennes ».

  

LCL : Concernant les pays émergents, quels sont les faits marquants en 2017 ?

 

Tristan Perrier : « L’année 2017 aura été une année de reprise pour les pays émergents.  La croissance a été robuste dans la plupart des économies émergentes. La demande extérieure a été très favorable du fait notamment d’un rebond marqué du commerce mondial. La consommation privée a également bien progressé. Les dépenses d'investissement ont été fortes dans les pays exportateurs de produits manufacturés. Dans les pays exportateurs de matières premières, le recul de l’inflation a conduit à un assouplissement majeur des politiques monétaires, ce qui a contribué à sortir de récession certains pays comme la Russie et le Brésil. ».

  

LCL : Et du côté des marchés, que dire de l’année 2017 ?

 

Tristan Perrier : « 2017 a été une année record pour les marchés d’actions : l’indice MSCI World AC a réalisé sa meilleure performance depuis 2013,  dynamisé par l’accélération de l’économie mondiale, des bénéfices soutenus et une politique monétaire accommodante. Par ailleurs la volatilité a été très faible. En monnaies locales, les pays émergents l’emportent devant les Etats-Unis, le Japon et l’Europe. Le dollar américain s’étant toutefois fortement déprécié, si l’on exprime les performances en dollar, les pays émergents accentuent leur avance et la zone euro coiffe le Japon et les Etats-Unis.  ».

  

PERFORMANCES DES INDICES DES MARCHES ACTIONS EN 2017
CAC 40 9,26%
MSCI World AC 17,49%
Euro Stoxx 50 6,49%
Dow Jones 25,08%
S&P 500 19,42%
Nikkei 19,10%
MSCI Emerging Markets 27,76%

Source : Datastream – performances calculées hors dividendes, en devises locales, cours de clôture.

 

 

LCL : Que peut-on dire des marchés obligataires en 2017 ?

 

Tristan Perrier : « Les taux américains ont connu une phase baissière sur les trois premiers trimestres de l’année, en raison de l’incapacité de l’administration à implémenter des réformes et du ralentissement non anticipé de l’inflation. Ils ont ensuite rebondi avec de meilleurs chiffres économiques et l’adoption de la réforme fiscale en décembre. Pour ce qui concerne les taux 10 ans allemands, ils ont connu une évolution en dents de scie et finissent l’année en légère hausse. Les écarts de taux périphériques se sont contractés, essentiellement à la suite des élections françaises et de l’extension du programme d’achat d’actifs de la BCE ».

 

 

TAUX DES EMPRUNTS D’ETAT AU 31/12/17 à 2 ans à 10 ans
Espagne -0,30% 1,55%
Italie -0,10% 1,95%
Allemagne -0,65% 0,40%
France -0,55% 0,65%
Etats-Unis 1,90% 2,40%

 

 

Interview réalisée le 5 janvier 2018

TOUTE L'INFORMATION
SUR NOS FONDS